Mathurin de Chacus @ FBF
Après huit années passées à la tête de la Fédération Béninoise de Football (FBF), Mathurin De Chacus s’apprête à transmettre les rênes à un nouveau comité exécutif. Une page importante du football béninois est sur le point de se tourner. Si son mandat n’a pas été exempt de critiques et de difficultés, il restera marqué par des avancées significatives qui auront durablement transformé le paysage footballistique national.
Prendre les commandes de la Fédération Béninoise de Football n’a jamais été une mission facile. Entre les défis organisationnels, les contraintes financières, les exigences des compétitions internationales et les attentes des acteurs du football, les obstacles étaient nombreux. Pourtant, au fil des années, le comité exécutif dirigé par Mathurin De Chacus a posé des bases solides pour le développement de la discipline.
L’un des plus grands succès de cette gouvernance demeure sans doute la régularité du championnat national. Durant ces huit années, les compétitions nationales se sont déroulées avec une continuité rarement observée auparavant. Malgré les difficultés rencontrées, le football béninois n’a plus connu les longues interruptions qui freinaient son évolution. Cette stabilité a permis aux clubs de mieux se structurer et aux joueurs de bénéficier d’un cadre compétitif plus favorable.
Sur le plan des sélections nationales, les résultats témoignent également d’une véritable dynamique. Des catégories d’âge jusqu’aux équipes seniors, les différentes sélections ont été régulièrement engagées dans les compétitions continentales et internationales. Cette présence permanente sur la scène africaine illustre la volonté de redonner au Bénin une place respectable dans le concert du football africain.
Les performances enregistrées ces dernières années viennent confirmer cette progression. Les Guépards ont atteint un quart de finale puis un huitième de finale de la Coupe d’Afrique des Nations, démontrant que le football béninois pouvait rivaliser avec les meilleures nations du continent.
Les jeunes n’ont pas été en reste. Les Guépards U20 ont obtenu leur qualification pour la CAN avant de se hisser jusqu’en quart de finale, preuve que le travail de formation commence à produire des résultats encourageants.
Le football féminin a également franchi un cap historique. Les Amazones U20 ont décroché une qualification mémorable pour la Coupe du monde féminine U20, une première qui restera gravée dans les annales du sport béninois. Cette campagne exceptionnelle a été marquée par l’éclosion de Romaine Gandonou, devenue meilleure buteuse des éliminatoires de la Coupe du monde U20, symbole du potentiel grandissant du football féminin béninois. Du côté des U17, les protégés de Idah Azonsou ont également décroché la médaille de bronze au Ghana en 2024, lors du tournoi Ufoa B.
Quant aux représentants béninois aux Championnats d’Afrique scolaires, ils ont multiplié les performances remarquables. Cette année encore, ils ont hissé le Bénin sur le podium continental en décrochant une brillante troisième place à Harare.
Au niveau des clubs, l’ESAE a écrit l’une des plus belles pages de son histoire en atteignant la phase de groupes de la Coupe de la Confédération de la CAF, une performance qui a démontré que les clubs béninois pouvaient eux aussi rivaliser sur la scène africaine.
Au-delà des résultats sportifs, plusieurs réformes structurelles ont été engagées afin de moderniser la gouvernance du football béninois, renforcer les compétitions nationales et améliorer l’organisation de la Fédération. Tout n’a certes pas été parfait. Des défis persistent encore, notamment en matière d’infrastructures, de professionnalisation des clubs, de développement des centres de formation ou encore de performances sur certaines compétitions internationales.
Mais gouverner, c’est aussi construire dans la durée. Et sur ce point, le bilan de Mathurin De Chacus mérite d’être apprécié avec objectivité. En huit années, son comité exécutif aura contribué à redonner de la stabilité au football béninois, à multiplier les participations internationales et à offrir une meilleure visibilité aux différentes sélections nationales.
À l’heure de passer le témoin, le moment est donc moins à la polémique qu’à la reconnaissance du travail accompli. Le prochain comité exécutif héritera d’un football mieux structuré, plus compétitif et davantage présent sur la scène africaine qu’il ne l’était il y a huit ans.
L’enjeu sera désormais de poursuivre cette dynamique et de faire encore mieux. Car si Mathurin De Chacus laisse un héritage fait d’avancées importantes, les défis restent nombreux. Le meilleur hommage que pourra lui rendre la prochaine équipe dirigeante sera de dépasser ces réalisations, d’accélérer les réformes engagées et de conduire le football béninois vers de nouveaux sommets.
Le football béninois est une œuvre collective. Chaque génération de dirigeants y apporte sa pierre. Celle de Mathurin De Chacus aura incontestablement posé des fondations solides sur lesquelles il appartient désormais à ses successeurs de construire un avenir encore plus ambitieux.
Stopyra Mahugnon